La Marne dans son cours aval a été et reste au centre d'enjeux multiples et majeurs :

Usine d'épuration des eaux de Marne aval du SIAAP© Syndicat Marne Vive
Réseau d'assainissement s'écoulant en Marne © Syndicat Marne Vive

Eaux de pluies de l'A4/A86 s'écoulant dans le canal de Polangis © Syndicat Marne Vive
Vue aérienne de l'usine de production d'eau potable des Eaux de Paris à Joinville-le-Pont © Google

Canoë-kayak club de France © Syndicat Marne Vive

Club d'aviron © Syndicat Marne Vive
Ski nautique © Syndicat Marne Vive Une Marne multi-usage (navigation et nautisme) © Syndicat Marne Vive
Un certain équilibre s'est instauré entre la richesse à la fois culturelle, paysagère, écologique, et la variété des usages de la Marne. Cet équilibre est très dépendant de la pression urbaine. En effet, l'urbanisation est le facteur principal qui a façonné la rivière et qui contraint encore son évolution.
Le ragondin est un mammifère (Myocastor coypus) rongeur de la famille des Myocastoridés (env. 60 cm de long), qui vit dans les lacs et les cours d'eau d'Amérique du Sud. Le ragondin a été introduit en Europe au XXe siècle (notamment en France), où on l'élevait pour sa fourrure et sa viande. Ce animal se retrouve aujourd’hui abondamment dans nos rivières et notamment la Marne. Dans le département du Val-de-Marne le ragondin est une espèce classée nuisible (cf. arrêté préfectoral du 30 novembre 2005 n°2005 / 4574) en raison des maladies qu’il peut véhiculer et des dégradations qu’il provoque sur les berges.
La biologie du ragondin
Morphologie : le ragondin a un corps massif, une grosse tête, de petites oreilles, des pieds en partie palmés, une longue queue cylindrique dénudée. Pelage brun foncé à brun roussâtre, ventre et pattes brun clair, lèvres et menton blancs (longueur : 65 à 105 cm dont 25 à 45 cm pour la queue; poids : 2,5 à 9 kg).
Le mâle est plus grand que la femelle.

Ragondins © Syndicat Marne Vive
Habitat : il vit dans les eaux stagnantes (étangs, mares, marais, canaux) et courantes (rivières, parties calmes des fleuves) riches en végétation aquatique et terrestre. Il évite les torrents et tourbières d'altitude ainsi que les prés salés littoraux.
Activités : le ragondin est un mammifère diurne et crépusculaire. Semi-aquatique, il nage et plonge très bien. A terre il se déplace avec lenteur. Il vit en solitaire ou en petits groupes familiaux. Il creuse des terriers (entrée généralement au-dessus de l'eau) dans les berges et les digues. Il est actif toute l'année.
Reproduction : la femelle ragondin a une ou deux portées par an, généralement à la fin de l'hiver et au début de l'automne. Sa gestation dure 130 jours environ. Elle a de 2 à 9 jeunes par portée, velus et ayant les yeux ouverts à la naissance. L'allaitement dure pendant 60 jours et l'émancipation des petits ragondins se fait à l'âge de 3 mois. Leur maturité sexuelle est atteinte à 7-8 mois. Leur espérance de vie est d’environ 10 ans.
Alimentation : les ragondins se nourrissent de végétaux aquatiques (roseaux, joncs, lentilles d'eau) et terrestres (légumineuses, ombellifères...), et également de céréales cultivées (maïs, blé...). En hiver, ils se nourrissent d'écorces et de racines. Ils peuvent manger des mollusques.
Prédation : les prédateurs naturels du ragondin sont le caïman, le jaguar ou encore l'anaconda.
Nuisibilité du ragondin
Bien que ce myocastor jouit d’une bonne image d’animal gentil et social, il est générateur de nombreux dégâts et risques pour l’homme et la rivière.
En dehors des restes de repas de ragondin, d’autres détails caractérisent sa présence, notamment sur les îles de la Marne, où ce dernier trouve un lieu d’habitation calme et peu fréquenté.
La photo ci-dessous montre le passage préférentiel ou coulée de ragondin sur une berge d'une île.
Coulée de ragondin sur une berge © Syndicat Marne Vive
En effet, comme souvent chez les rongeurs, il suit toujours les mêmes chemins pour se déplacer. Ces coulées sont donc repérables par l’érosion qui résulte de ses multiples passages.
Les traces des ragondins se distinguent aussi par les terriers qu’ils fabriquent dans les berges. Un même terrier peut avoir jusqu’à 3 ou 4 sorties en surface et autant sous l’eau. Cette habitude permet au ragondin d’échapper à ses prédateurs en choisissant une sortie sécurisée.
Détérioration des berges : il déséquilibre le milieu fragile des îles de la Marne qui subissent de nombreuses dégradations du fait de la multiplication des coulées et des terriers du ragondin. Celui-ci peut avoir un territoire s’étendant sur un linéaire de 3 ou 4 km de rivière.
Terrier de ragondin en pied de berge © Syndicat Marne Vive
Surconsommation des végétaux : en l’absence de prédateur, il consomme abondamment certaines espèces de végétaux (carex par exemple) dont il est friand. Ces dernières surconsommées ont tendance à disparaître. Ses habitudes alimentaires entraînent un appauvrissement important de la biodiversité, des végétaux consommés et des animaux ou insectes liés à ceux-ci.
Dégâts de ragondin sur un arbre © Syndicat Marne Vive
Maladie véhiculée : le myocastor peut être vecteur d’une maladie transmissible à l’homme : la leptospirose, maladie infectieuse due à une bactérie de genre Leptospira. Il n’est pas lui-même malade, mais élimine en permanence les germes dans ses urines. La transmission s’effectue par contact avec une eau stagnante, souillée, la bactérie pénétrant dans l’organisme par voie cutanée ou muqueuse. Les symptômes de la leptospirose sont très variables. Une personne peut ne présenter aucun symptôme ou encore la maladie peut se manifester subitement par une forte fièvre, des maux de tête, des frissons, des douleurs musculaires et abdominales, des vomissements, une diarrhée, une rougeur oculaire, la jaunisse ou encore une éruption cutanée. Près de 90 % des personnes se rétablissent après ce stade, mais il arrive qu'une personne puisse faire une rechute. Le second stade peut être grave et entraîner une insuffisance rénale ou hépatique ou encore une infection cervicale. Dans de rares cas, elle peut causer la mort.
Cycle de la leptosiprose © Ministère de la Santé
Rappel : il est interdit de nourrir les ragondins sous peine d'amende de 38€
© Syndicat Marne Vive - Patrick Fournier
Le nourrissage des animaux en rivière a une conséquence indirecte lourde. En effet, les restes profitent aux rats gris et musqués qui pullulent à leur tour. Ces rats sont aussi potentiellement porteurs de maladies dont la leptospirose.
La législation
La législation concernant les myocastors est diverse et extrèment riche en textes. Elles concernent aussi bien le code rural que celui de l'environnement ou encore le Code Général des Collectivités Territoriales. Aussi, ci-dessous, vous trouverez les principaux textes concernant cette régulation.
L.2122-21 du Code Général des Collectivités Territoriales, 9º: "De prendre, à défaut des propriétaires ou des détenteurs du droit de chasse, à ce dûment invités, toutes les mesures nécessaires à la destruction des animaux nuisibles, de requérir, dans les conditions fixées à l'article L. 427-5 du code de l'environnement, les habitants avec armes et chiens propres à la chasse de ces animaux, à l'effet de détruire ces derniers, de surveiller et d'assurer l'exécution des mesures ci-dessus et d'en dresser procès-verbal. "
En 2007, la législation sur les animaux sauvages et le lutte contre les ragondins c'est pourvu de deux nouveaux textes :
- Arrêté du 29 janvier 2007 fixant les dispositions relatives au piégeage des animaux
classés nuisibles en application de l’article L. 427-8 du code de l’environnement
- Arrêté du 6 avril 2007 relatif au contrôle
des populations de ragondins et de rats musqués
La maîtrise des populations de ragondins par le piégeage
Dans le cadre de ses missions de protection de la rivière et des milieux aquatiques, le syndicat Marne Vive a lancé une étude afin de recenser la population de ragondins et de la localiser sur son territoire.
Le marché a été attribué à la Société Espace Faune Flore fin juin dernier et cette dernière a procédé au diagnostic courant septembre 2006.
Le bilan a permis de mettre en évidence 3 types de populations de myocastors (cf. carte ci-jointe) :
L'étude réalisée montre que seule une gestion territoriale coordonnée sur le territoire du Syndicat Marne Vive pourra avoir un impact certain sur la population recensée qui s’élève aujourd’hui à environ 300 à 350 individus.
Le diagnostic révèle que certains foyers de ragondins se situent dans des parties privatives de la rivière, tel le bras du Chapitre ou encore le canal de Polangis. Cette particularité implique une communication et une concertation importante avec les riverains, en vue d’obtenir un accord pour la pose et le retrait des cages sur les terrains privés.
La coordination avec le Conseil Général, qui a également préparé un marché pour le piégeage des ragondins sur le Val de Marne, a permis de proposer que :
- Le Conseil Général piège les ragondins sur le Val de Marne et le secteur du bras de Chapitre en assurant notamment l’information des riverains,
- Le Syndicat assure les diagnostics, les suivis et les captures spécifiques (bras de Gravelle, ru de Polangis et Haute Ile).
Le piégeage a été mis en place au cours de la période hivernale. En fin de mois de septembre 2007, le nombre d'animaux extraits du territoire Marne Vive était de : 259. (cf. actualité)
Piège placée sur une coulée d'un ragondin © Syndicat Marne Vive
Partenaires:
Conseil Général du Val de Marne - Direction des espaces verts
10, chemin des bassins - 94000 Créteil
Tél : 01 43 99 82 35
Espace Faune Flore - 45, rue Saint Ferdinand – 75017 PARIS
Tél : 01 40 68 06 30 – fax : 01 40 68 06 33 – email : espacefaune@wanadoo.fr
Sur la Marne, par beau temps, les promeneurs comme les usagers de la rivière peuvent observer, de-ci de-là, des tortues se dorer au soleil. Ces dernières sont pour la plupart des tortues de Floride classées en France comme espèce nuisible car potentiellement invasive. Encore aujourd'hui, il est très difficle de déterminer l'impact de cette espèce sur la biodiversité autochtone.
Tortue de Floride en Marne © Syndicat Marne Vive - Espace Faune Flore
Fiche d'identité de la tortue à tempes rouges, dite tortue de Floride
Trachemys scripta elegans (Wied,1839)
Taille : mâles 14-15 cm, femelles jusqu'à 25 cm.
Poids : jusqu'à 2,5 kg. Age à la maturité : 3 à 8 ans.
Fécondité : 10 œufs par ponte en moyenne, 1 à 2 pontes annuelles, pendant une quarantaine d'années.
Poids du jeune à la naissance : 5 g.
Habitats : tous milieux aquatiques.
Nourriture : carnivore puis omnivore. Répartition : Vallée du Mississippi, de l'Illinois jusqu'au golf du Mexique.
Physiologie: espèce poïkilotherme, dont la température corporelle dépend de la température extérieure. Cette particularité explique le comportement de "bain de soleil" : les tortues se réchauffent une grande partie de la journée.
Détermination du sexe : la détermination du sexe des jeunes n'est pas génétique, mais est sensible à la température d'incubation des oeufs; incubés à température basse (moins de 27°C), ils produisent plutôt des mâles, incubés à température haute (plus de 29°C), plutôt des femelles
pour plus d'informations :
http://tortues.floride.u-psud.fr/