L’étude du milieu naturel de la Marne a permis de mettre en évidence ses atouts, mais aussi ses dysfonctionnements et ses faiblesses. Ce diagnostic global, qui intègre à la fois les problématiques d’usages et de fonctions biologiques, permet de proposer un schéma de mise en valeur du milieu naturel à l’échelle du territoire Marne Vive. Il s'agit donc, non seulement d’optimiser le potentiel écologique actuel, mais aussi par des actions volontaristes, d'améliorer la qualité et la diversité du milieu naturel : faune et flore, et de renforcer ses capacités auto-épuratoires.
Cette mise en valeur du milieu naturel de la Marne est appréhendée pour les milieux aquatiques et pour les riverains. De même, les îles de la Marne sur le territoire Marne Vive sont concernées par des propositions d’aménagement, notamment en terme de restauration des berges et de gestion sylvicole, au même titre que le reste du cours d’eau.
Facteurs naturels
Plusieurs facteurs peuvent avoir une influence sur la dégradation des berges.
Facteurs aggravants
Le batillage, dû à la navigation, génère une érosion des berges non négligeable. L’énergie des vagues, provoquée par le passage de bateaux et la liquéfaction des matériaux par submersion des pieds de berges, sont à l’origine des affouillements des soubassements de berges très souvent observés sur notre territoire.
A cela s’ajoute une navigation annuelle ce qui n’était pas le cas avant l’artificialisation des rivières navigables. La navigation était alors saisonnière. Le batillage s’applique donc toute l’année sur les berges ce qui limite voire déstabilise la végétation capable de résister à ce phénomène.
L’artificialisation des rivières a une autre conséquence, le marnage (variation des niveaux d’eau dans les biefs d’une rivière). En effet, la gestion dynamique des rivières grâce à la présence de nombreux barrages provoque des variations très rapides des hauteurs d’eau dans les biefs. Ces amplitudes produisent une destructuration des berges par retrait des matériaux fins qui cimentaient les éléments plus grossiers.
De plus, la conjuaison des phénomènes de marnage et de batillage génèrent des glissements de terrain et des encoches d’érosion qui accélèrent à leur tour l’action érosive du courant en créant des turbulences plus moins importantes par la présence de points durs comme des souches.
Le mauvais état sanitaire de la ripisylve, la présence d’espèces exotiques non adaptées au milieu déséquilibrent les strates de la végétation, diminuent les capacités structurantes et protectrices des racines.
Et enfin, l’utilisation de matériaux inadaptés, la pression croissante des ragondins, les embâcles sont autant des facteurs d’aggravation de l’érosion des berges.
Affouillement et déjointoiement sous une risberne © Syndicat Marne Vive
Au delà des nombreuses agressions subies par les berges, la Marne sur du Syndicat Marne Vive dispose de nombreux atouts : un milieu riche et diversifié, un paysage naturel en milieu urbain, une ripisylve diversifiée et stabilisatrice, des hauts fonds et des zones ouvertes.
Grèves alluviales et hauts fonds dans la boucle de Saint Maur - Champigny
© Syndicat Marne Vive
La pollution de la Marne reste le principal facteur limitant la biodiversité des milieux aquatiques. Cependant, l’anthropisation des berges est le second facteur limitant cette dernière. En effet, l'utilisation presque unique du génie civil a rendu stérile les berges, interfaces essentielles pour la prédation, la reproduction et le repos de la faune aquatique.
Le Port Autonome de Paris à Bonneuil-sur-Marne a réalisé, avec le soutien du Syndicat Marne Vive, de l'Agence de l'Eau Seine Normandie et de la Région Île de France, un aménagement de berges associant du génie civil et du génie végétal (aménagement mixte). Le suivi piscicole réalisé par le Syndicat, sur la banquette d'hélophytes de l'ouvrage, a montré au cours des trois dernières années une étonnante productivité piscicole et a diversifié la composition du peuplement de poissons.
Banquette d'hélophytes sur le Port Autonome de Paris à Bonneuil-sur-Marne © Port Autonome de Paris
Banquette d'hélophytes sur le Port Autonome à Bonneuil-sur-Marne avec les palplanches arrasées © Syndicat Marne Vive
Ainis, les berges du territoire du Syndicat, bien que soumises à deux nombreux agents destructurants, conservent un aspect général très intéressant, principalement dans le contexte urbain dans lequel elles s’inscrivent. Cependant, elles restent fragiles et doivent faire l’objet d’interventions ciblées au travers d’un plan de gestion opérationnel et coordonné.
Palplanches stériles pour la vie aquatique © Syndicat Marne Vive
A partir de ces différents constats, le syndicat Marne Vive propose d’agir en intégrant la notion de développement durable, c’est-à-dire dans une optique de restauration viable, adaptée et à long terme par l'utilisation, autant que faire se peut, du génie végétal.
Loin des fondements de génie civil, le génie végétal est une approche différente de la conception d’un ouvrage de protection. Appliqué à des ouvrages de protection de berges, il fait directement appel aux propriétés inhérentes des plantes utilisées : leur capacité d’adaptation, leur croissance, leurs systèmes racinaires et aériens, leurs caractéristiques liés à l’ensoleillement, la nature des sols, les contraintes hydriques…
Le génie végétal s’appuie sur la concurrence intra et interspécifiques assurant ainsi l’établissement de végétaux les mieux adaptés au milieu dans lequel ils ont été implantés.
Berge effondrée au beach de Saint maur début 2005 - Application des techniques végétales fin 2005 - Renaturation 09/2007 © Syndicat Marne Vive
Sur une rivière comme la Marne, les techniques végétales ont de nombreux avantages comme (liste non-exhaustive) :

Arbre et son réseau racinaire protégeant les berges et créant des milieux
propices à la vie aquatique© Syndicat Marne Vive